Il y a des interrogations dans l’équipe championne du monde en titre. Tout d’abord, après un début de saison correct avec 4 podiums pour Miguel Oliveira, il y a eu une nette baisse de rendement, aggravé par les blessures des deux pilotes titulaires.
Depuis leur retour, les résultats ne sont pas là et ceci malgré qu’à Donington, Oliveira est allé presque aussi vite que Toprak, large vainqueur l’an passé. Mais il faut dire que les pneus ont beaucoup évolué et que la concurrence a encore fait mieux, Bulega progressant de 27 secondes !
BMW semble s’être perdue dans une évolution qui n’a pas fonctionné et ne veut pas incriminer publiquement ses pilotes et dit les soutenir à 100%.
Mais il est clair que Petrucci est probablement sur un siège éjectable tandis qu’Oliveira a de grandes chances de rester avec un projet axé sur lui.
Voici le point sur la situation par Shawn Muir, directeur de l’équipe officielle BMW Motorrad WorldSBK Team :
Etait-ce un désastre à Donington ?
Je ne qualifierais pas Donington de désastre, mais nous sommes assurément très déçus. Nous espérions être compétitifs entre la quatrième et la sixième place, mais nous n’avons pas atteint le niveau escompté. Les essais réalisés ici il y a quelques semaines nous ont offert une bonne base, mais les résultats des EL1 et EL2 ne se sont pas concrétisés. Je suis déçu pour l’équipe et surtout de ne pas avoir pu fournir à Danilo et Miguel une moto à la hauteur. Nous devons analyser la situation et réagir. Nous pensons avoir identifié le problème et il nous faut maintenant le résoudre.
Pourtant Miguel a été aussi rapide que Toprak l’an passé !
Il faut prendre du recul. Certes, les temps au tour étaient bien meilleurs que l’an dernier, mais je ne pense pas que ce week-end reflète la véritable situation de BMW. Depuis le début de la saison européenne, Miguel est plus rapide qu’en 2025, et nous avons amélioré nos temps de qualification lors de la plupart des manches.
Ce que nous avons vu ici ne reflète pas notre véritable potentiel. Ce n’était pas une bonne journée, c’est clair. Nous avons identifié des points à améliorer, notamment la gestion du freinage et la capacité du pilote à exploiter pleinement le potentiel de la moto. Cela influe directement sur la confiance du pilote : en cas de manque de confiance, on a tendance à freiner trop tôt et à perdre de la vitesse.
Vous avez évoqué une remise à zéro. Un changement majeur sera-t-il nécessaire ?
Nous avons bâti des bases très solides au fil des années grâce à van der Mark et Toprak. Nous nous sommes éloignés de cette voie car nous recherchions quelque chose de plus. Nous étions convaincus qu’avec le package actuel, nous pouvions régulièrement viser le podium, mais pas la victoire. C’est la réalité. Nous l’avons prouvé à Portimão, au Balaton et lors d’autres manches où nous sommes parvenus à monter sur le podium. Nous n’avons pas perdu nos fondamentaux techniques. Nous devons simplement trouver le bon chemin.
Avez-vous déjà programmé des essais ?
Oui. Nous avons confirmé des essais à Magny-Cours et à Estoril. Nous utiliserons une partie de nos journées d’essais disponibles, et elles seront cruciales pour mieux comprendre la direction à prendre.
Avez-vous discuté avec Miguel de son avenir ? Comment convaincre un pilote de rester chez BMW dans le contexte actuel ?
Avant toute chose, n’oublions pas que nous sommes toujours les champions du monde en titre et que ce package a prouvé son potentiel. Miguel et Danilo sont des pilotes très différents. Oliveira connaît bien cette moto et le projet. Avec Petrucci, le travail est plus complexe, car la base technique sur laquelle nous travaillons nécessite une adaptation importante, et c’est précisément cet aspect que nous cherchons à corriger. De manière générale, nous devons redonner confiance aux pilotes. Quelle que soit la direction que nous prendrons avec Danilo et Miguel, nous devrons les convaincre que ce package peut à nouveau viser le podium de manière constante.
De l’extérieur, il semble pourtant que BMW ait perdu du terrain ces derniers temps.
Je comprends cette impression, surtout au vu des résultats de Donington. Mais il faut prendre du recul. Nous avons connu des courses difficiles à Balaton, Most et Misano, et nous nous sommes présentés ici avec deux pilotes revenant de graves blessures. C’est pourquoi je ne pense pas qu’il soit juste de juger la situation uniquement sur ce week-end. Il faut considérer la saison entière et le contexte global. Après tout, BMW a remporté les six dernières courses disputées à Donington. Cela prouve que le potentiel de la moto n’a pas disparu du jour au lendemain.
