Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Si la seconde partie de la saison 2025 a été un calvaire pour Pecco Bagnaia, mis à part le cas Motegi, la saison 2026 est terriblement frustrante pour lui, il a retrouvé de la vitesse mais n’est pas récompensé à cause de certains problèmes.
A Jerez, son frein avant lui a joué des tours, il semble qu’Au Mans sa chute ait été causée par le même genre de problème. Il dit que son équipe sait ce dont il agit et travaille dessus.
Il nous parle de sa course :
Honnêtement, après ce week-end, il y a plus de points positifs que de points négatifs. Nous avons bien travaillé et je suis fier car nous avons amélioré tous les points que j’avais demandés à mon équipe. Même s’il nous manquait quelque chose, nous avons bien commencé le week-end et nous avons progressé séance après séance.
Hier, j’ai décroché la pole position et, lors du sprint, seul le départ de Martin m’a surpris, mais j’avais un excellent rythme. Aujourd’hui, c’était la même chose : j’ai réussi à remonter après un mauvais départ. Je pensais pouvoir rattraper Bezzecchi, mais à sept tours de l’arrivée, j’ai commencé à perdre confiance et j’ai été freiné par un petit problème mécanique qui m’a ralenti. J’ai essayé de maintenir le même rythme et j’ai perdu l’avant : la chute est une conséquence de ce problème. Nous savons ce qui s’est passé et l’équipe travaille déjà à le résoudre.
Pouvez-vous être plus précis ?
Je ne veux pas entrer dans les détails, mais je peux dire que ce n’était pas une erreur humaine et que cela n’a rien à voir avec nous. Comme je l’ai dit, nous y travaillons ; ce genre de choses peut arriver. Je préfère me concentrer sur les points positifs : aujourd’hui, j’étais rapide, j’ai pu dépasser et je me suis amusé malgré la chute.
Vous ne vous sentez donc pas entièrement responsable de cette chute ?
Quand un pilote chute, dans 90 % des cas, c’est de sa faute. Ma chute était due à un manque de confiance. J’ai essayé de maintenir le même rythme et j’ai chuté. Je ne voulais absolument pas abandonner aujourd’hui, je voulais rester dans la course, je prenais du plaisir et j’ai tout donné jusqu’à ma chute. Si j’avais été en tête du championnat, j’aurais réagi différemment, mais aujourd’hui, voyant la possibilité de gagner, j’ai tout donné, comme il se doit.
Avez-vous prévu de résoudre le problème pour le prochain Grand Prix, à Barcelone, dans quelques jours ?
Nous avons compris ce qui s’est passé et la voie à suivre. Je suis confiant, nous trouverons une solution, notamment grâce au travail effectué ce week-end.
À Jerez, vous avez été contraint de vous arrêter, pas ici.
À ce moment-là, j’ai compris que ce n’était pas un problème qui m’obligerait à m’arrêter au milieu de la piste, mais on ne peut savoir que lorsqu’on y est confronté. Aujourd’hui, j’ai essayé, j’ai essayé d’aborder le virage de la même manière, mais je n’y suis pas parvenu.
Quelle impression avez-vous eue de l’Aprilia après avoir roulé derrière Bezzecchi ?
Je l’ai mieux observée hier. On remarque la vitesse à laquelle elle sort des virages, et son accélération est vraiment impressionnante en sortie de virages lents. Il faut travailler l’adhérence à l’angle d’inclinaison maximal, mais après avoir suivi Bez hier, j’ai demandé quelques modifications à l’anti-wheeling, et aujourd’hui, nous avons fait un pas en avant. Quand on roule si vite, à la limite, on perçoit des choses difficiles à remarquer quand on est en difficulté.
Marquez a été opéré ce matin.
Je suis vraiment désolé pour Marc, c’est terrible ce qui lui est arrivé, ce qu’il endure depuis le Grand Prix d’Indonésie de l’année dernière. C’est une épreuve qui prendra bientôt fin, et à son retour, il sera en pleine forme et prêt à se battre. Nous avons besoin de lui, j’espère qu’il reviendra vite.
Martin a lui aussi traversé une épreuve difficile et a remporté la victoire aujourd’hui. Peut-il prétendre au titre ?
Jorge est clairement un prétendant au titre. Il utilise la même stratégie qu’en 2024, en terminant toutes les courses. Il a réalisé un doublé ici, mais en général, il sait aussi se contenter de ce qu’il a. C’est un atout pour lui et c’est pour cette raison que j’ai perdu contre lui.
Hier soir, je l’ai vu dîner ; il avait l’air très détendu, le regard de quelqu’un qui sait qu’il peut le faire. Je suis très heureux pour lui, il le mérite. L’année dernière a été très difficile pour lui. Avoir la force de revenir à ce niveau est admirable. Félicitations à lui et surtout à Aprilia, qui lui a apporté un soutien incroyable tout au long de l’année dernière.

Comme je l’ai écrit ailleurs, Pecco est le gendre idéal qui n’enterre jamais personne, ne crache jamais sur qui que ce soit et ne balance pas mais… si ça avait été les pneus français, il l’aurait dit.
Là ça fait deux fois que Brembo est mis en cause et qu’il finit DNF à cause d’eux, mais il ne le dira jamais.
Oui Pecco réfléchi avant de parler, ce qui le rend plutôt sympathique.
Je ne suis pas sûr que Brembo soit responsable, ce coup-ci tout du moins.
J’ai l’impression que la GP-26 est née avec le même défaut que la GP-23, dont l’arrière avait tellement de grip que l’avant ne tenait pas.
Au Mans, Pecco perd l’avant juste après avoir lâché le frein, alors est-ce parce que le frein a continué un peu à freiner seul (Brembo), ou est-ce parce que trop de charge est, d’un coup, passée sur le pneu arrière au détriment du pneu avant (Ducati) ?