Nicolo Bulega : « Un jour je ne gagnerai pas, c’est impossible de gagner indéfiniment »

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 5 Min Read

On se demande si on a déjà vu dans les sports mécaniques et dans un championnat du monde un pilote qui a enchainé autant de victoires.

Vainqueur des 4 dernières courses de la saison 2025, vainqueur des 21 premières de la saison 2026, Nicolo Bulega en est à 25 victoires consécutives.

Et il en a rajouté une autre en remportant la course des champions du Word Ducati Week et en battant plusieurs pilotes MotoGP.

Le pilote italien que l’on dit assuré de faire parti de l’équipe VR46 en MotoGP l’an prochain a livré une interview dont voici quelques extraits, et il en profite pour donner son classement des pilotes dans plusieurs domaines de pilotage.

Quand on enchaîne les victoires comme ça, a-t-on le sentiment que c’est peut-être la dernière, que quelque chose pourrait arriver, ou arrive-t-on à ne pas y penser ?

Bon, il y aura forcément un moment où je ne gagnerai plus, car il est impossible de gagner indéfiniment. Mais bon, d’ici là, même si mon pire résultat est une deuxième place, ce n’est pas si mal. Records mis à part, 25 courses d’affilée mis à part, même si nous terminions deuxièmes ou troisièmes à la prochaine course, ce n’est pas un problème. Au final, ce qui compte, c’est le résultat final du championnat, et ce qui compte le plus pour moi, c’est le championnat en fin d’année. Nous sommes bien placés, mais il reste encore quelques courses, alors nous devons essayer de continuer sur notre lancée.

Vous avez dit un jour : « Le talent seul ne suffit pas. Certains pilotes ont du talent, mais il faut travailler pour l’exploiter pleinement. Enfant, je pensais que le talent suffisait, mais j’ai compris que ce n’était pas le cas. » Comment avez-vous travaillé sur vous-même ?

Oui, enfin, disons que plus jeune, j’adorais la moto, mais c’était ma seule obsession. Je n’avais pas envie de m’entraîner ; je préférais sortir avec mes amis. Jusqu’à un certain point, mon talent me permettait de compenser, puis j’ai réalisé que ce n’était plus suffisant et que cela m’a même un peu nui. Plus tard, en grandissant et en mûrissant, j’ai appris à écouter les conseils extérieurs et j’ai compris que le talent ne suffit pas : il faut s’entraîner, faire des sacrifices. Après quelques années de pratique, les résultats sont enfin visibles.

Quelle est votre relation avec Gigi Dall’Igna actuellement ?

Bien, très bien. Gigi et moi nous parlons très souvent, aussi bien du Superbike que de la nouvelle MotoGP que je teste. Nous avons une bonne relation, et j’apprécie Gigi parce qu’il ne mâche pas ses mots, il dit toujours ce qu’il pense, que ce soit bien ou mal. C’est quelque chose que j’apprécie toujours chez les gens, plutôt que d’entendre une chose et en penser une autre.

Et quelle est votre relation avec Valentino ?

Super. Je vais souvent au ranch avec Vale. Ça fait un moment que je n’y suis pas allée, parce que quand on court, ils ne courent pas forcément, alors c’est difficile de se voir, pas vrai ? Parfois, on court un week-end, et le suivant, c’est eux, alors c’est compliqué de trouver un week-end où on est toujours à la maison. Mais bon, dès que j’en ai l’occasion, je vais au ranch. On se voit même dîner de temps en temps, alors allez, je suis content.

Alors, construisons ensemble le pilote idéal en utilisant les 22 pilotes actuellement en MotoGP. Qui a le meilleur freinage, selon vous ?

Un meilleur freinage, quand il est en forme, Pecco.

Meilleur changement de direction ?

Acosta

En virage ?

Marquez à gauche, Diggia à droite.

Meilleur tour en un seul tour ?

Marquez et Martin.

Une meilleure gestion des médias ?

Marquez.

Le plus complet de tous ?

Marquez pour le moment.

Parmi toutes ces qualités que vous venez de me citer, quelle est votre meilleure qualité en tant que pilote ?

Allez, je suis plutôt calme, et dans les moments importants, j’arrive à garder la tête froide, à ne pas trop m’émouvoir, c’est essentiel. Et puis, si je dois me donner à fond, je fais une bonne course.

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