Nicolo Bulega , une année record mais des attentes très raisonnables pour 2027.

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 5 Min Read

Il restera encore 3 courses lors de la dernière manche à Jerez le week-end prochain mais avant même la dernière manche espagnole, le pilote Ducati a établi une année qui restera dans l’histoire du superbike.

Avec 29 victoires en 33 courses, il a déjà battu le record de 27 courses remportées par Alvaro Bautista en 2023. Quant au nombre points, il en est à 664, soit déjà 36 points de plus que le pilote espagnol.

Nicolo Bulega est fier de l’année accomplie mais en se projetant sur 2027, il sait que la musique sera très différente, voici ses propos :

Par rapport à hier, je devais progresser aujourd’hui, notamment sur certains aspects du pilotage, comme le freinage et l’entrée en virage, où j’ai eu un peu de mal à trouver la limite. Ce matin, j’ai souffert, mais pour la Course 2, nous avons réussi à progresser. J’étais plus fort dès le départ et j’ai maintenu un rythme incroyable. Tant que les pneus étaient frais, Iker a pu me suivre et il n’a pas perdu beaucoup de terrain, mais après la mi-course, j’ai mieux géré mes pneus et j’ai pu encore augmenter ma vitesse. Je suis vraiment content.

Quand la bruine est tombée, je n’avais rien à perdre. Quand j’ai vu quelques gouttes sur la visière et la moto, j’ai compris que ce n’était pas une grosse averse. Cependant, il y avait du vent et je craignais que l’asphalte ne refroidisse. J’ai continué à attaquer, en prenant quelques risques, mais tout est resté sous contrôle.

Gagner 29 courses en une saison, c’est incroyable, unique, fantastique. Je suis sûr que je ne pourrai jamais revivre une telle saison : c’est pratiquement impossible. Je pense que c’est quelque chose qui n’arrive qu’une fois dans une vie, alors je dois en profiter.

Aujourd’hui, j’étais plus libre quand j’ai vu la pluie commencer, je me suis dit que ça m’était égal, car je suis déjà champion du monde et je pouvais me permettre une erreur sans que cela change quoi que ce soit au classement final. J’ai tout donné et j’ai pris beaucoup de plaisir à piloter. Je suis vraiment ravi d’avoir gagné, car ce succès me donne encore plus confiance avant Jerez, un circuit que j’adore.

L’année prochaine sera complètement différente. Je devrai aussi bien gérer mon mental, car on ne peut pas espérer gagner toutes les courses, et en MotoGP, la situation sera encore plus compliquée. Quand on s’habitue à rentrer au garage après une victoire, ou à considérer une deuxième place comme un résultat négatif, on risque de développer une mentalité déconnectée de la réalité. L’année prochaine, je ne verrai pas toujours mon nom en tête, comme cette année. Je devrai aborder la saison différemment. Ce sera ma première année en MotoGP, et j’aurai beaucoup à apprendre. Le niveau est incroyablement élevé, donc je n’ai pas d’attentes particulières.

Quand j’ai débuté ma première saison en Superbike, après tout, je n’avais aucune attente. J’ai simplement essayé de donner le meilleur de moi-même, de travailler dur, de rester concentré sur les détails et d’être toujours plus compétitif. Je ferai la même chose en MotoGP.

On pense souvent que les pilotes venant du SBK ont du mal à s’adapter à la catégorie reine.

J’espère faire bonne figure. Même ce que Ben Spies a réalisé en MotoGP n’était pas mal du tout. Il a ensuite rencontré quelques problèmes, mais j’étais jeune et je ne me souviens pas de toute son histoire. Je me souviens cependant de bons résultats. Pour moi, si un pilote est fort, il doit le prouver en adaptant son style de pilotage à une nouvelle moto.

La moto est un sport difficile car il faut tellement de choses : la moto, l’équipe et la capacité d’être à 100 % à chaque course. En MotoGP, la saison est très longue et il faut travailler sur chaque détail, donner 150 % pour maintenir un haut niveau et obtenir de bons résultats. On verra ce que ça donne. Ce sera assurément une excellente expérience pour moi, et je pense que ce sera intéressant pour tout le paddock Superbike également.

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