Cal Crutchlow : « J’allais dire non mais mon épouse m’a dit de dire oui. »

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 6 Min Read

Quand l’équipe LCR est entré en contact avec Cal Crutchlow ce lundi, ils sont d’abord entrés en contact avec Lucy, son épouse car ils savaient chez LCR qu’il fallait avoir d’abord son accord.

Le test de Cal s’est bien passé mais lors de sa 1ère sortie, il a été étonné d’être aussi loin en terme de chronos !

Concernant la suite, Cal veut voir ce qu’il peut faire ce week-end car s’il devait continuer, cela serait surement pour 7 ou 8 GP, Zarco ayant été annoncé aujourd’hui absent par Cecchinello pour de nombreux mois.

Il nous raconte cette semaine :

J’ai appris la nouvelle lundi, et j’ai mis du temps à me décider. Je suis rentré chez moi et beaucoup de gens m’ont contacté pour me dire qu’ils voulaient que je revienne courir. Je n’ai jamais cru qu’ils plaisantaient, car je connaissais la situation , mais à la maison, ma femme Lucy m’a demandé si Dakota (Mamola) m’avait appelé… Ils l’avaient déjà appelée pour avoir son accord ! (Rires) Je lui ai dit que ça ne m’intéressait pas, et elle a répondu : « Pourquoi pas ? Tu as fait ça toute ta vie. » J’ai donc mis du temps à me décider, et mardi, j’ai contacté Dakota et nous avons commencé à voir s’il était possible que je fasse un essai d’abord, car sinon, ça n’aurait pas été correct que je sois là après une si longue absence des circuits.

Ici, en EL1, on atteint 360 km/h au premier virage. Heureusement, on a pu organiser des essais hier où j’ai fait quelques tours, et maintenant j’ai l’impression d’avoir été percuté par un bus ! (Rires). J’ai accepté de le faire, je ne l’aurais pas fait si ça avait été une autre équipe , ni même si l’équipe officielle Ducati ou Aprilia me l’avait demandé. Je l’ai fait parce que Lucio Cecchinello et l’équipe me l’ont demandé.

J’en suis arrivé à me dire « pourquoi pas ? », mais on garde le contrôle de la situation. Je dois voir si c’est possible, je ne sais pas si ce sera le cas, alors on verra séance après séance. Hier, c’était fantastique de retrouver la moto. Les sensations étaient étranges, c’était prévisible même si je ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Je m’attendais à être plus lent, mais en même temps, être lent m’a énervé , c’est la réalité. Ce qui peut être positif, mais il faut d’abord que je me sente à l’aise sur la moto. » Pour le moment, d’un point de vue ergonomique, je ne le suis pas car la moto a beaucoup changé.

Physiquement, je vais bien. Hier, je me suis égratigné le pouce avec mon gant, mais ma main n’a rien. Le principal souci sera ma condition physique. J’ai beaucoup d’expérience en moto et je sais rouler, mais être physiquement préparé pour ces motos, c’est une autre histoire . Il faut absolument que ce soit le cas. Si je n’y arrive pas, je crois que l’avis général est de revoir la situation. Je dois me familiariser à nouveau avec la moto, mais aussi sentir que je progresse d’une séance à l’autre, ce qui, je pense, impliquera une meilleure ergonomie.

Le plus gros choc, c’était quand je suis arrivé en piste et que j’ai vu mon temps au tour . Je connaissais mon chrono à Misano, celui où j’étais monté sur le podium, et si je ne l’avais pas vu, j’aurais cru que personne ne pouvait être plus rapide que moi. Et là, je l’ai vu : dix secondes plus lent ! (Rires) C’est arrivé dès les premiers tours, et je ne savais pas si je devais demander si le chronomètre était cassé ou observer une minute de silence.

Au fil de la journée, je me suis amélioré. Ces motos sont difficiles à piloter, non pas qu’elles soient difficiles en soi, mais à cause de la longue période sans rouler. Je ne pense pas que quelqu’un d’autre aurait pu le faire, et personne n’aurait été assez fou pour le faire. Au départ, j’ai pensé refuser, car je pensais être devenu plus calme et moins fou . Puis j’ai réalisé que ce n’était pas le cas, mais j’ai aussi accepté parce que ma femme me l’a demandé. Elle a toujours été à mes côtés, on a toujours pris des décisions ensemble. Notre vie a été une aventure, alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Continuer après le Mugello ? Bien sûr, nous évaluerons également la situation en fonction de l’état de santé de Johann. C’est un ami, je l’apprécie beaucoup, et il me rappelle moi-même. Il a juste envie de remonter sur sa moto, et il reviendra sans aucun doute plus fort qu’avant, même mentalement. C’est une période difficile pour lui, mais j’ai beaucoup de respect pour lui. Il n’est peut-être pas le pilote le plus talentueux du championnat, mais il travaille aussi dur que je le faisais, il me rappelle moi-même, et j’espère le revoir bientôt.

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