Grand-Prix MotoGP d’Indonésie : Les principales déclarations des pilotes, 1ère partie :

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 18 Min Read

Je me sens bien, heureux. Après un excellent début de saison, une longue et difficile période a suivi ma blessure. À l’hôpital, ma première pensée était : quand pourrais-je renouer avec la victoire ? Les choses se sont plutôt bien passées au début, mais ensuite, il a été difficile de rester dans la lutte pour la première place. Heureusement, aujourd’hui, mon rythme était excellent, nous avons très bien travaillé, et pour cela, je remercie toute l’équipe du garage et de Noale. J’ai bien géré la course derrière Raul, mais je savais que j’aurais pu faire mieux en fin de course. Je suis ravi de retrouver la plus haute marche du podium.

La vitesse de Raul aujourd’hui ne m’a pas surpris, mais quand on pense à la façon dont il a roulé avec un doigt cassé, celui qu’on utilise normalement pour freiner, c’est impressionnant. On avait déjà constaté tout au long du week-end que Raul était le plus rapide ici, donc je m’attendais à ce qu’il soit rapide. Heureusement, j’ai aussi bien géré la situation.

Il ne reste plus beaucoup de courses, le championnat du monde est clairement plus perdu que gagné. Mais cela ne change rien à ma façon de penser, ni à ma façon de travailler avec l’équipe . Ne jamais abandonner est naturel chez moi, c’est dans ma nature, et je dois dire que j’ai rencontré beaucoup de gens comme moi, et j’apprécie de travailler avec eux.

Je ne sais pas comment j’ai fait. Ce matin, en me réveillant, j’avais très mal. Je ne pouvais plus bouger l’index avec lequel je freine. Ma question n’était pas de savoir si je pourrais monter sur la moto, mais si je pourrais freiner. Arrivé aux stands, j’étais avec les mécaniciens et j’ai commencé à faire des essais maladroits pour trouver un moyen de garder la main sur le guidon. Ils ont réussi à trouver une solution pour que je puisse rouler confortablement.

On m’a installé un autre levier pour éviter de trop forcer, alors j’ai fait l’échauffement pour voir si je serais capable de disputer la course. J’ai modifié ma position au freinage et j’ai utilisé mon majeur. Ça allait mieux, alors j’ai décidé de courir. Ce qui m’a motivé, c’est de voir tous ces gens qui se sont mobilisés pour que je puisse participer à la course aujourd’hui.

La course a été vraiment positive. J’ai essayé de ne pas trop penser à mon doigt et de contenir Bezzecchi, mais à partir du dixième tour, j’ai commencé à ressentir la douleur et à faire des erreurs. À ce moment-là, je me suis dit que je serais content de finir sur le podium, puis Marco m’a rattrapé. Je suis resté concentré et j’ai décroché un podium très important car c’était une course mentale pour moi. Je remercie l’équipe de m’avoir soutenu et de m’avoir permis de retrouver mes repères. Je suis épuisé, mais si on m’avait dit ce matin que je me battais pour le top 5, j’aurais abandonné les yeux fermés. Au lieu de cela, je me suis battu pour la victoire avec Marco. Aujourd’hui, j’ai tout donné.

Je ne suis pas le rival, je suis hors course pour le titre mondial. Je ne veux pas être mêlé à cette guerre. J’apprécie vraiment Aprilia, Fabiano Massimo et Davide, qui ont sauvé ma carrière à un moment difficile. Je ne les attaquerai pas, tout comme je n’attaquerai pas Marc. Je ne veux pas être au milieu. Marc est mon idole, laissons-les se battre entre eux , ils sont plus forts, ils ont déjà leurs armes.

Je n’ai pas pris un bon départ et j’ai dû remonter. Je n’étais pas dans la position que je souhaitais. La pression des pneus n’était certainement pas basse aujourd’hui, car j’avais beaucoup de mal avec l’avant. Petit à petit, cependant, j’ai commencé à dépasser, d’abord Di Giannantonio puis Marquez. Je pense avoir fait de mon mieux . Raul et Marco étaient en grande forme. Je savais que mon objectif aujourd’hui était la troisième place.

Avec un meilleur départ, j’aurais peut-être pu battre Raul, vu sa forme physique. Marco, par contre, était plus rapide que moi de quelques dixièmes. Dans les portions rapides du circuit, lui et Fernandez étaient meilleurs que moi dans certains virages, et j’ai payé le prix de cet écart tout le week-end . Même si je me suis amélioré dans ces domaines, ils ont franchi un nouveau cap.

En quoi l’affronter aujourd’hui serait-il différent de l’affronter contre Bagnaia en 2024 ?

Il fait moins d’erreurs, et dès que j’en commets une, il me bat, comme hier. Je ne peux pas faire plus que donner le meilleur de moi-même ; la victoire ou la défaite dépendra des circonstances.

J’ai eu des problèmes de pression du pneu avant pendant toute la course et j’ai perdu beaucoup de temps à laisser passer Marc, puis à le dépasser à nouveau, puis à le laisser repasser, et enfin à essayer de le dépasser encore. Finalement, Ogura nous a rattrapés et était plus rapide que nous. Voilà, je pense qu’on a fait de notre mieux, il n’y a pas grand-chose d’autre à dire.

Quand j’étais derrière Marc, ça allait. Quand j’étais devant lui, ça allait aussi pendant quelques tours, puis ça s’est dégradé. J’aurais peut-être dû rester derrière Marquez un peu plus longtemps, mais je pense aussi que si je l’avais dépassé un tour plus tard, rien n’aurait changé. J’ai perdu beaucoup de temps à cause de ça, et c’est ce qui m’a coûté une chance de finir dans les quatre premiers. On a fait une bonne course, on était premiers parmi les pilotes qui ne roulaient pas sur Aprilia. Ça s’est beaucoup mieux passé qu’hier.

Comment avez-vous trouvé la gestion de la pression des pneus en course ?

On avait l’air d’ânes. Je pense que Marc avait les mêmes problèmes que moi, car il me laissait parfois passer. Je pense qu’il faudrait une pression minimale à respecter avant le départ ; on ne peut pas tout prévoir. Par exemple, j’imagine qu’hier, Marti avait préparé sa course en pensant que Bezzecchi et Marco seraient devant, mais on ne peut pas contrôler les autres pilotes. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait une pression minimale à respecter avant le départ, sur la grille, et ensuite, advienne que pourra.

En parlant de règles qui déplaisent aux pilotes, que pensez-vous de l’ amende de 5 000 euros pour ceux qui ne participent pas aux événements organisés par le MotoGP ?

Je suis totalement contre. On ne peut pas forcer un pilote à faire quelque chose sans tenir compte de tout ce qui se cache derrière, sa situation personnelle, ou même si l’organisation n’en est pas informée. Par exemple, la situation de Raul aujourd’hui : s’il a une fracture, il faut aller la faire examiner, car il utilise ce doigt pour freiner. Il pourrait avoir mal, il pourrait ne plus pouvoir freiner et le problème pourrait alors s’aggraver. Souvent, nous ne participons pas à ces activités, mais je pense aussi que, selon les circonstances, l’organisateur devrait se montrer un peu plus souple et nous laisser une certaine liberté. Comme Marc l’a fait au Japon , je suis entièrement d’accord avec sa décision.

Si on m’avait dit jeudi que, sur tout le week-end, je ne perdrais que trois points face à Bezzecchi et que j’égalerais le score de Martin, j’aurais rêvé. Et pourtant, c’est arrivé. On a fait un super week-end : on a su être réguliers. On a beaucoup souffert en course, surtout en deuxième partie, mais je suis content du résultat. Bien sûr, on en veut toujours plus, mais il est vrai qu’on a souffert en course, comme on s’y attendait. Sur cette longue course, on a beaucoup attaqué l’avant et l’usure des pneus a été importante car les choses n’étaient pas faciles. L’important, c’est que j’ai su gérer la difficulté , que j’ai réussi à être le premier Ducati et que j’ai su m’en sortir dans un week-end compliqué.

J’ai attaqué fort sur certains tours et j’avais l’impression de pouvoir maintenir plus ou moins le même rythme que Martin, mais seulement pendant 10 tours, comme hier lors du sprint, et non 27. C’est vrai que je dois adapter mon pilotage et ma conduite, mais aujourd’hui, j’essayais simplement de maintenir un rythme régulier. À 12 tours de l’arrivée, Acosta jouait avec nous à cause d’un problème de pression de pneus. Ogura, en revanche, était très fort dans le final. Le seul avec qui je pensais pouvoir me battre était Di Giannantonio, car nous avons la même moto . Les autres pilotes étaient plus rapides que moi, et il faut parfois l’accepter. C’est exactement ce que je dois faire si je veux me battre pour le titre.

Je ne comprends pas pourquoi Ducati a eu autant de difficultés. Il est clair que, sur tous les circuits rapides et sinueux, comme les Pays-Bas et Silverstone, les quatre Aprilia étaient quasiment toujours en tête lors des essais et, lorsqu’elles ne commettaient pas d’erreurs, même en course. En termes de vitesse, elles étaient supérieures. Quant à moi, ce circuit met en évidence nombre de mes faiblesses. Il faut y être très précis et ne pas maltraiter la moto, ce qui est pourtant mon point fort. Nous avons néanmoins réussi à limiter les dégâts et je pense avoir surmonté de nombreux problèmes durant le week-end, en me concentrant sur le présent et en évitant de regarder en arrière. D’autant plus qu’à Mandalika, je n’avais jamais terminé une course le dimanche.

Nous, les pilotes, sommes les premiers à vouloir que le MotoGP se développe et prenne de l’ampleur, mais je crois qu’il existe d’autres façons de faire grandir ce sport sans mettre autant de pression sur les pilotes. C’est mon avis. En ce moment, nous avons beaucoup à faire, car il y a non seulement les engagements liés au MotoGP, mais aussi ceux avec les sponsors, les réunions, le Warm-up du dimanche, puis nous devons nous changer rapidement, faire la Hero Walk et rencontrer beaucoup de monde.

Ensuite, nous retournons en piste et nous devons avoir une autre réunion concernant le Warm-up, car nous n’avions pas eu le temps auparavant. Au final, nous sommes des athlètes et l’année prochaine, les engagements seront encore plus importants, car le temps disponible pour les courses et pour être sur la piste reste le même, mais tout devient plus intense et nous passerons encore plus de temps en combinaison, en raison des engagements envers le public et les médias. En fin de compte, nous sommes les premiers à vouloir que le championnat se développe, mais nous devons trouver des solutions.

Comme je l’ai dit samedi, ce fut un week-end de survie. Nous avons beaucoup souffert, surtout au début, et ensuite les choses se sont encore compliquées. C’était une course longue, chaude et passionnante. Nous avons tenu bon jusqu’au bout, voilà en résumé le week-end.

Nous avons eu du mal avec cette carcasse de pneu arrière différente. Je m’attendais à un peu mieux de la part de Ducati avec le pneu medium, car nous avons généralement plus de difficultés avec le pneu tendre, mais ici c’était un peu l’inverse. Nous n’avons pas pu maintenir un bon rythme avec le pneu medium, surtout à la fin ; le pneu arrière a perdu beaucoup de performance et nous avons beaucoup souffert.

Nous avons rencontré des problèmes similaires à ceux de Silverstone, je dirais, mais nous n’avons pas réussi à bien les gérer. Je suis un peu déçu, même si nous avons passé un autre week-end et que nous devons continuer à travailler. En théorie, nous n’aurons plus ce pneu. Nous lui avons dit adieu, mais il est vrai qu’on peut aussi aller très vite avec d’autres pneus. Ce sera difficile, alors il faut être patient, continuer à attaquer et persévérer.

22 points pour Marc et 22 pour Martín ! Pour moi, c’est une victoire, il a sauvé la mise. Je ne parlerais pas exactement de victoire, mais plutôt d’une victoire partielle. Il faut voir le verre à moitié plein. C’est une égalité, donc tout reste possible jusqu’à la fin. Il est vrai que des circuits prometteurs se profilent à l’horizon pour Aprilia, notamment l’Australie, le Qatar et Portimão. Marc devra déployer toute sa panache.

Et pour les amendes ?

C’est assez compliqué car, actuellement, manquer une manche du Giro Gold, c’est 5 000 € d’amende ; être absent dix minutes, c’est encore 5 000 € d’amende. Je pense qu’ils poussent les pilotes à bout. Il y a de plus en plus de courses, de sprints, et tout le reste. On arrive en fin de saison avec une énergie au plus bas, et en plus, on a des courses qui arrivent, très chaudes et très exigeantes.

Aujourd’hui, je ne voulais pas tenter l’impossible. On savait que les Aprilia étaient plus rapides que nous, alors notre objectif était simplement de rester au plus près d’elles. Puis, après une dizaine de tours, le pneu avant a commencé à se désintégrer. Il y avait d’énormes vibrations et on a eu beaucoup de chance de ne pas chuter et de terminer la course. Finalement, on a découvert qu’il y avait un trou dans le pneu avant . C’était dur, mais au-delà de ça, on a tenu bon. Il y a beaucoup de points positifs à retenir, alors passons à autre chose.

Je roulais à mon rythme, car je savais que la course serait longue. À un moment donné, je me suis dit : « OK, il est temps d’attaquer. » J’ai commencé à faire des tours en 30,2 secondes, 30,2 secondes, puis soudain, au virage 10, j’ai eu un blocage de roue avant . À partir de ce moment-là, ma course était pratiquement terminée.

C’était l’un des meilleurs week-ends de l’année. Nous avons terminé en première ligne, nous sommes montés sur le podium hier, et compte tenu de la performance des Aprilia ici, je pense que nous avons une fois de plus démontré notre vitesse. Je suis vraiment content. En course, nous n’avons eu que ce problème avec le pneu avant, mais à part ça, nous étions pleinement dans le coup . Nous pouvons donc être fiers de notre performance.

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