Cal Crutchlow a de nouveau attrapé le virus du MotoGP, il est prêt à redevenir pilote testeur.

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 6 Min Read

Il y a 4 mois, avant le grand-prix de Catalogne, Cal Crutchlow faisait du vélo, sa nouvelle passion. Il n’avait plus touché une MotoGP depuis plus de 2 années, pas fait de courses depuis 3 ans.

Pour lui, tout cela était du passé, et à 40 ans, il voulait profiter des loisirs et de sa famille.

Et puis un coup de fil lui a été adressé par son ami Lucio Cecchinello, où il lui demandait de remplacer Johann Zarco et il lui annonçait directement que cet intérim pourrait durer de nombreuses courses.

Et contre toute attente, alors qu’il allait refuser, c’est son épouse qui l’a poussé à accepter en lui disant que s’il refusait, il le regretterait plus tard.

Nous connaissons la suite, un premier test, des premières courses difficiles et puis Cal a commencé à être rapide, pas aussi rapide que ses collègues Honda mais assez pour rattraper parfois quelques Yamaha.

Et là, le virus de la moto l’a repris, pas pour reprendre une carrière à temps complet mais il sent qu’il peut encore apporter à une équipe de développement et parce que son amour du pilotage n’a pas disparu, sans compter que ces 3 années ont été bénéfiques pour reposer son corps.

Voici ses propos :

Ça aurait été une autre histoire si je n’avais pas été assez rapide. Mais je pense que ce que j’ai fait dans ces six courses était assez bon après deux ans sans rouler, trois ans sans aucune course, six ans après ma retraite… La plupart des constructeurs se disent aussi que j’ai bien fait, donc ça me fait plaisir de savoir que j’ai fait un bon travail.

Est-ce que ça m’a donné envie de rouler à plein temps ? Absolument pas. Mais faire ce que j’ai fait, pourquoi pas ? Je viens de le faire. Être pilote d’essais ? Je pourrais étudier ça aussi. Je sais que ce que je faisais portait sur le court terme : ces six ou sept courses, c’était mon accord avec Lucio. Je savais ce qui m’attendait et quand j’allais rentrer chez moi.

Je suis ouvert, tout comme je l’étais quand ils m’ont appelé pour revenir après deux ans. Je ne vais pas dire ‘Je veux piloter ceci, je veux piloter cela’ mais si une opportunité se présente, avoir une chance de piloter les meilleures motos au monde, dans le meilleur championnat au monde, travailler avec ceux qui sont probablement les meilleurs ingénieurs, ça ne se refuse pas.

En allant sur les courses, je me disais que c’est le plus beau travail au monde. Piloter une moto, ça reste le plus beau travail au monde pour moi, donc pourquoi pas ?

Au début, j’ai dit que je ne voulais pas le faire. Vous connaissez l’histoire, quand Lucy m’a dit que je le regretterais toute ma vie si je ne le faisais pas. J’étais très nerveux parce que je n’avais pas roulé depuis deux ans.

Je ne connais personne qui l’aurait fait. Les gens me demandent pourquoi, disent que c’était idiot, ils ont critiqué la situation… Mais je le vois comme ça : qui refuserait de piloter les meilleures motos au monde sur la meilleure grille au monde face aux meilleurs pilotes au monde ? Quand on a cette opportunité, on la saisit.

Ce n’était pas facile, pas facile du tout, et on a vu qu’il m’a fallu quelques courses pour retrouver la vitesse. Les deux ou trois dernières courses se sont assez bien passées, au niveau de la vitesse. On n’a pas décroché les résultats que l’on voulait mais c’est parce que je n’ai pas roulé pendant deux ans. J’ai vraiment apprécié le travail avec l’équipe LCR Honda, c’était un privilège, un plaisir.

Lucio a été très critiqué – pas dans le paddock, mais par les supporters – pour ne pas avoir donné une opportunité à un jeune. Ça ne fonctionne pas comme ça en MotoGP. On ne peut pas sauter sur ces motos pour un week-end, ou quelques week-ends, et s’attendre à être rapide.

Ils suggéraient de prendre un pilote Moto2, mais ils doivent penser à leur propre championnat, ils courent déjà pour une équipe, ils ont leurs propres objectifs dans leur championnat et ils ne vont pas vouloir abandonner leur place ou mettre leur carrière en jeu pour piloter une MotoGP pendant quelques courses.

Je pense que le scénario de me faire revenir a très, très bien fonctionné. J’ai été assez bon sur la moto, ça a suscité une attention médiatique pour Lucio et pour le MotoGP.

A noter qu’Aprilia est la seule équipe à n’avoir qu’un pilote testeur, Cal pourrait leur conseiller d’en avoir un second, pourquoi pas ?

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