C’est rare qu’un sprint puisse se résumer à un choix de pneumatiques. Même si les Aprilia ont tenu le coup, même Ogura a dit qu’il commençait à avoir du mal en fin de course, lui qui d’habitude vole dans ces conditions.
Chez Ducati, toutes les motos ont eu un gros problème de graining, c’est à dire un pneu qui ne fonctionne plus car il est en dehors de sa plage d’utilisation.
Marc Marquez a été le premier à voir son rythme s’effondrer, Bagnaia n’arrivait plus à prendre de l’angle en fin de course et Giannantonio a fusillé son pneu soft en voulant suivre les Aprilia.
Seuls Alex Marquez et dans une moindre mesure Franco Morbidelli ont connu moins de problèmes, peut-être avec de meilleurs réglages mais peut-être aussi par le fait d’avoir été bloqué derrière des pilotes et ne pas avoir tenter de forcer le rythme.
Le vice-champion du monde est catégorique, il fallait prendre le Medium et il prend la responsabilité de ne pas l’avoir essayé.
Voici ses propos :
Que pensez-vous de votre course ?
Je pense que nous avons commis une erreur en ne chaussant pas les pneus médiums lors du sprint. Pour nous, cela aurait probablement été un meilleur choix : nous aurions peut-être perdu un peu de temps en début de sprint, mais nous en aurions rattrapé une grande partie au final. Je peux dire que j’avais déjà rencontré ce problème ce matin en EL2, lors de mon deuxième relais. J’étais vraiment lent pour cette raison précise.
Donc, au final, je dirais que c’était la meilleure séance d’essais libres possible avant la course. Voilà comment ça s’est passé, mais c’est une expérience qui nous sera précieuse à l’avenir. Au départ, j’ai aussi eu la chance d’avoir Raúl et Marco devant moi. Ils étaient rapides, mais pas à un rythme excessif, ce qui m’a permis de préserver un peu mes pneus. Les autres, en revanche, essayaient simplement de suivre Jorge, qui était vraiment très rapide.
Pourquoi avoir opté pour les pneus tendres ?
Mon erreur a été de ne pas envisager sérieusement les pneus médiums. Je ne les avais même pas testés . Juste avant de rejoindre la grille de départ, les gars de Michelin m’ont dit : “Raúl va peut-être partir en médium.” Ou du moins, qu’il y pensait, même s’il a finalement changé d’avis à la dernière minute. À ce moment-là, j’en ai discuté avec l’équipe et j’ai dit : “Pourquoi ne pas essayer les médiums ?” On a commencé à y réfléchir, mais c’était trop tard . Alors oui, c’était aussi ma faute : j’aurais dû y penser plus tôt et envisager toutes les possibilités.
Penses-tu qu’il sera possible de faire mieux demain ?
Oui je le pense…. Honnêtement, la cinquième place était mon meilleur résultat aujourd’hui . Avec toutes les Aprilia en piste, je pense que c’était le meilleur résultat que nous pouvions espérer.
Beaucoup de gens disent que tu es actuellement le meilleur pilote Ducati. Qu’est-ce qui te distingue des autres ?
Je ne sais pas. Peut-être que ma blessure m’incite à piloter un peu plus prudemment, et ça porte ses fruits de temps en temps ! [rires] Plus sérieusement : depuis Jerez, nous sommes entrés dans une phase très positive. J’ai de bonnes sensations avec la moto, et même quand on rencontre des problèmes, on arrive peut-être à mieux les gérer que les autres . Mais je n’ai pas l’impression d’être le meilleur pilote Ducati . Dans certaines situations, j’arrive à exploiter un peu plus mon potentiel, mais ce n’est pas systématique. Je pense simplement qu’en termes de performance et de vitesse, nous avons réussi à maintenir un niveau assez constant durant cette période.
Et comment allez-vous physiquement ?
Pas très bien. J’ai encore mal à l’épaule, et aujourd’hui, je n’étais vraiment pas au mieux de ma forme. Mais j’ai réussi à tenir le coup, un peu comme avec le pneu.
Vous attendiez-vous à un écart plus faible entre les Aprilia et les meilleures Ducati, ou était-il plus ou moins conforme à vos prévisions ?
Il n’était pas énorme aujourd’hui ; je crois qu’on a commencé avec environ 3/10ème d’écart. Mais je pense qu’ils ont quasiment tout fait à la perfection. Martín a réalisé une course sans faute, tout comme Ogura. On n’est pas si loin, mais les battre en ce moment est pratiquement impossible.

Les pilotes doivent être impatients de changer de pneumatiques et leurs rêves sont peut-être des boudins noirs sur lesquels il est écrit : Pirelli !