A l’automne dernier, Izan Guevara avait passé un pari avec Gino Borsoi, s’il gagnait une course avant la fin de saison, Pramac devait lui offrir un roulage sur une MotoGP.
Et c’est de justesse qu’Izan a réussi son pari en remportant la dernière course Moto2 de la saison à Valence.
Yamaha faisant un test le mercredi après le test officiel du mardi à Valence, Izan a pu faire une trentaine de tours et avoir sa première expérience d’une moto de la catégorie reine.
Aujourd’hui, il est second du championnat du monde et on parle de plus en plus de lui comme possible successeur de Jack Miller chez Pramac.
En fin d’intervention, Gino Borsoi nous parle aussi des problèmes d’adaptation de Toprak Razgatlioglu.
Voici ses propos :
Izan est-il prêt pour le MotoGP ?
Il a effectué des essais l’an dernier à Valence, le mercredi suivant le Grand Prix. Le jour J, il s’est vraiment très bien débrouillé avec la moto à sa disposition et l’organisation des essais. Son attitude, ses temps au tour et son style de pilotage nous ont sincèrement impressionnés. Cela signifie que les pilotes Moto2 , et Moreira également, sont bien préparés pour le passage en MotoGP.
Mais est-il prêt dès maintenant ?
C’est une question difficile, car il faudrait le voir lors d’essais beaucoup plus structurés, avec plus de jours et plus de tours. Il n’en a fait que très peu. Cela nous donnerait une meilleure idée. Mais en général, je pense que lorsqu’un pilote devient vraiment rapide et régulier en Moto2, il peut aussi être performant en MotoGP.
Comment savoir si un pilote est prêt pour le MotoGP ?
La régularité, le mental, l’éthique de travail. Izan travaille seul maintenant. Si vous le regardez, il travaille toujours seul. Il se surpasse, il tire le meilleur parti de la Boscoscuro. Il est toujours le meilleur chez Boscoscuro, et bien sûr, son style de pilotage, plus technique, est quelque chose que nous apprécions. Mais il faut comprendre si ce style correspond vraiment aux exigences du MotoGP.
L’arrivée de la MotoGP 850cc est-elle le moment idéal pour changer de moto ?
Oui, tout à fait. C’est aussi le moment idéal pour les débutants, je pense, car ils passent à une moto plus facile à piloter, moins sophistiquée, théoriquement plus simple. Ils utiliseront des pneus Pirelli, qu’ils connaissent déjà plus ou moins. Je pense donc que c’est l’année la plus propice pour quelqu’un qui souhaite franchir un cap.
Qui choisit les pilotes chez Pramac ?
C’est un groupe de personnes, pas seulement Pramac, pas seulement Yamaha. On discute beaucoup des pilotes, et j’aime les suivre depuis leurs débuts. On parle des jeunes espoirs et des pilotes prometteurs qui, selon nous, représentent l’avenir, pas seulement en Moto2 ou MotoGP. C’est une relation très équilibrée, et j’apprécie cela car on est à l’écoute de toutes les idées, et on pense déjà à plus long terme, pas seulement au MotoGP et au Moto2.
Toprak trouve la tâche plus ardue qu’il ne le croyait !
C’est évident, non ? Surtout après ses trois titres de champion du monde et sa grande ambition. Forcément, on se retrouve face à des difficultés inattendues ; il y a énormément à apprendre en MotoGP. Ce sont deux motos avec deux pneus noirs, certes, mais la réalité est différente. Le freinage change, et c’est ce qui lui pose le plus de problèmes.
Le point fort de la Superbike, c’était son freinage. Ce type de freinage puissant est impossible ici pour diverses raisons, que nous n’aborderons pas dans les détails techniques, mais c’est tout simplement irréalisable.
Et changer quelque chose d’ancré en soi depuis l’enfance est très complexe, très difficile. Ce que j’apprécie, c’est qu’il reste, malgré tout, quelqu’un de positif qui sait qu’il doit apprendre et qui ne se plaint pas trop. Il cherche sincèrement à comprendre ce dont il a besoin pour aller vite. C’est ce que j’aime. Il maintient une bonne ambiance dans le garage, ce qui n’est pas facile, surtout quand les choses ne fonctionnent pas, et particulièrement avec un pilote aussi performant.
