Manuel Poggiali : « Pour moi, les courses étaient devenues un fardeau ».

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 3 Min Read

Voici un pilote dont on prédisait un immense avenir, titré en 125cc à sa 3ème saison en 2001 et second la saison suivante, il passait en 250cc en 2003 et remportait le titre dès sa 1ère année.

Mais cela a été le tournant de la carrière de Manuel Poggiali, au lieu de monter en MotoGP, il a voulu rester une année de plus en 250cc et cela a été le début de la fin.

Malgré une victoire en 2004 et deux podiums, il ne finissait que 9ème du championnat. Manuel ne le savait pas mais c’était ses derniers podiums, jamais il ne fera mieux qu’une 5ème place sur les 3 saisons suivantes.

Et fin 2008, il quittait définitivement le championnat du monde.

Il reprit sa carrière en championnat d’Italie de Superbike en 2013 et 2014 mais sans beaucoup de succès.

Ensuite, il raccrochait les gants et changea de rôle en devenant un proche conseiller de Fausto Gresini.

Laissons à Manuel Poggiali le soin de nous parler de tout cela.

En 2001 en 125cc, je me sentais différent de d’habitude. Plus calme. J’avais tout sous contrôle.

Puis après mon titre en 250, 2004 a été une année d’échec. Pas seulement en termes de performance. Il y avait des dissensions internes, un manque de confiance en la moto et la pression de réitérer le succès de la saison précédente. De plus, j’ai été été victime d’une malheureuse blessure au Qatar : en trébuchant dans mon hôtel, un éclat de verre m’a causé une profonde plaie au mollet gauche, ce qui m’a handicapé pendant des semaines.

L’opportunité d’une promotion directe en MotoGP s’est évanouie. Avec le recul, j’aurais agi différemment si j’avais disposé de davantage d’informations. Ma carrière de pilote était terminée, mais pas ma passion pour la moto.

Le tournant décisif fut ma rencontre avec Fausto Gresini. Au sein de l’équipe Gresini, j’ai trouvé un nouveau rôle : mentor, analyste et coach pour les jeunes pilotes. Fausto m’a convaincu en quinze minutes. Aujourd’hui, je travaille avec les pilotes Ducati. Le MotoGP est devenu un processus continu ; la vitesse est le fruit de la régularité.

On est pratiquement toute la journée sur le circuit, jusqu’à 23 h. Entre les réunions, les analyses et encore des réunions, il ne reste presque plus de temps pour rien d’autre. C’était beaucoup plus calme avant. Aujourd’hui, les engagements – surtout dans les médias – sont beaucoup plus intenses et fréquents.

Mon rôle est d’instaurer une structure et de maintenir le calme. Au final, c’est le pilote qui décide. Mais l’environnement doit être propice.

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