Après le départ de Marc Marquez vers Gresini, Honda a du palier au plus pressé et recruter un pilote, et c’est Luca Marini qui a été recruté, lui en partance de la VR46.
Luca voulait un guidon officiel et cela a été plutôt un cadeau empoisonné.
L’équipe Honda a traversé cette saison 2024 comme un fantôme et Luca Marini, pilote qui veut le meilleur feeling avec le train avant a été servi, il a du se retenir pour ne pas multiplier les chutes, résultat, seulement 14 points et une 22ème place au championnat.
La saison 2025 commençait à peine mieux et Luca Marini ne pouvait que constater qu’il était incapable de rivaliser avec le pilote LCR Johann Zarco qui enchainait de gros résultats.
Puis la tuile, une énorme chute en préparation des 8H de Suzuka l’a éloigné des circuits pour 3 grands prix. Vu la gravité de ses blessures, c’était un miracle qu’il revienne sitôt.
Et surprise, c’est après cette blessure que Luca a commencé à performer et c’était 2 GP avant l’arrivée des évolutions chez Honda. Dès son retour, il finissait 6ème en Allemagne et inscrivait aussi des points à Brno et Spielberg.
Mais à partir du GP de Hongrie, Marini devenait le meilleur pilote Honda, certes Mir inscrivait deux podiums au Japon et à Sepang mais c’était Marini bien plus régulier qui ramenait le plus de points. (90 points pour Marini après la pause estivale contre 64 pour Mir).
Et au final, Marini terminait sur les talons de Johann Zarco et ratait de très peu son objectif de finir meilleur pilote Honda.
Dans une interview, il nous parle de sa saison 2025.
Luca, comment as-tu changé depuis ton passage de VR46 à HRC ?
J’ai beaucoup mûri, c’est certain. À VR46, j’étais comme en famille. L’ambiance était complètement différente, comme vous pouvez l’imaginer. Ici, j’ai mûri et je suis très heureux et satisfait de mes progrès. J’espère franchir une nouvelle étape l’année prochaine.
Un exemple de l’amélioration ?
C’est plutôt un sentiment intérieur. Comme si vous aviez mûri, franchi une étape. Comme si vous aviez vécu une nouvelle expérience qui vous avait un peu transformé.
À Valence en 2023, nous vous avons vus plein d’énergie et d’enthousiasme pour ce nouveau chapitre de votre carrière en HRC. Puis, en 2024, vous avez connu un passage à vide lorsque vous avez réalisé la difficulté du poste. Hormis l’accident à Suzuka, l’année 2025 a été marquée par une amélioration des résultats et du moral.
C’était parfois un peu difficile, mais j’ai adoré. Même pendant les périodes compliquées, comme au début de l’année dernière quand les choses ne se déroulaient pas comme prévu, je voyais toujours le bout du tunnel et je me disais : « Bon, on a peut-être besoin d’une année de plus. » Après chaque test, je sentais les progrès. Puis tout s’est amélioré. Dans ces petits moments, je savais que des jours meilleurs allaient arriver. J’étais peut-être un peu triste parfois en arrivant à mes rendez-vous avec les médias sans sourire, mais au fond de moi, je savais que nous atteindrions notre objectif. Nous voulons continuer à avancer. Je pense que l’année prochaine, on s’amusera encore plus.
Comment était-ce au sein de la « machine » HRC lorsque les résultats tardaient à venir, puis que la situation s’est inversée ? Ressentiez-vous la pression ?
Je pense que la pression est bien plus forte pour les autres constructeurs, mais peut-être moins lorsqu’on débute tout en bas de l’échelle. En gravissant les échelons, on ressent une énergie et une ambiance différentes. On représente un constructeur majeur, et HRC, c’est bien plus qu’une simple marque ici. Nous savons ce que nous représentons et ce que nous voulons accomplir en MotoGP.
À mon avis, Honda ne peut que gagner. Comme dans tout sport, il y a des hauts et des bas, mais nous devons toujours être présents. Lorsque nous avons lancé le projet l’année dernière, je me suis senti très impliqué et j’ai établi une excellente relation avec les ingénieurs japonais. J’ai trouvé une bonne ambiance et, à mon avis, notre collaboration a déjà porté ses fruits. De l’extérieur, cela ne suffit peut-être pas, mais en interne, tout le monde est très satisfait du niveau atteint. Certains ne s’y attendaient peut-être pas.
Votre chute à Suzuka : hanche, sternum, poumon, genou. La pire chute de votre carrière ?
Oui. La pire. Ce n’est pas facile de tourner la page. Ça demande des efforts. J’ai fait des cauchemars toutes les nuits pendant un mois. Mais c’est pour ça qu’on s’entraîne. Maintenant, chaque fois que je repense à ce moment terrible, je souris parce que je suis là. Je peux en parler librement, sans problème ni regret, et c’était quelque chose que je voulais faire [les 8 Heures de Suzuka], même si beaucoup me l’ont déconseillé. À l’époque, c’était la bonne chose à faire, mais peut-être qu’un tour de moins aurait suffi !

C’est intéressant ce qu’il dit sur les cauchemars. Sur mes deux plus grosses chutes, j’ai également fait des cauchemars sur une quinzaine de jours puis par moment ça revient même des années après. Le cerveau n’oublie pas ce genre d’évènements pour se protéger et ne pas reproduire de tels évènements même si ce n’est pas toujours de notre faute.
« Ici, j’ai mûri et je suis très heureuse et satisfaite de mes progrès. »
T’es sûr de ta traduction Philippe ?
Sinon je suis bien content pour lui et pour Honda. C’est un bosseur alors forcément à un moment donné ça paye.
C’est peut-être Lucia Marini! lol. L’IA a encore des progrès à faire en terme de traduction.