International Six Day of Enduro (ISDE) 2026: Présentation et jour 1

PatDjango
By PatDjango 11 Min Read

By @looping ✈️

Le championnat MXGP est arrivé à son terme, le MX des Nations est passé, le championnat Enduro GP est terminé, même le MotoGP se prend 15 jours de pause…
Mais tout espoir n’est pas perdu pour les fans de moto, les 100ème ISDE ont démarré ce Lundi 12/10 près d’Odemira (Alentejo) au sud du Portugal et se poursuivront jusqu’au Samedi 17/10 ! Ça va manger de la poussière, du sable et pourquoi pas de la boue pendant 6 jours en fonction de la météo.

Mais pour les néophytes, les ISDE quésako ?

Si la compétition a pu changer de nom au fil de l’histoire, les International Six Days of Enduro sont un peu l’équivalent Enduro du MX des Nations. Mais ces ISDE sont bien plus anciens; il s’agit même de la plus ancienne compétition motocycliste Offroad de la FIM ! Pour l’anecdote, en 1964, un des 4 membres de l’équipe Américaine était un certain Steve McQueen… Les premiers ISDE se sont déroulés au Royaume Uni en 1913 et ont eu lieu tous les ans depuis, hormis pendant les deux conflits mondiaux. Ce qui fait qu’aujourd’hui ce sont les 100ème ISDE de l’histoire. Ça se déroule au Portugal à Grândola, 6 jours de course et près de 1500km parcourus !

Le règlement évolue régulièrement, mais les basiques restent les mêmes : il s’agit d’une compétition par équipes nationales, on additionne les temps des pilotes de chaque nation pour faire le classement. Il y a trois trophées en jeu, le World Trophy, le plus prestigieux, qui comporte les meilleurs pilotes mondiaux (cette année 4 pilotes par nation, tous les temps comptent, là où avant le temps du moins bon pilote du jour de l’équipe ne comptait pas dans le classement), le Junior Trophy pour les moins de 23 ans (3 pilotes, tous les temps comptent également) et depuis quelques années le Women Trophy pour les féminines (3 pilotes, tous les temps comptent). Autant vous dire qu’à présent, une grosse chute, une grosse casse, et les équipes sont fortement handicapées car les pénalités en cas de spéciale non terminée ou check point en retard sont lourdes…

Le principe est proche du format Enduro GP actuel mais avec quelques variantes. Au cours d’une journée les pilotes vont parcourir environ 2 fois 3 liaisons et 3 spéciales. Seules les spéciales sont chronométrées et rentrent dans le classement. Mais les liaisons doivent être réalisées dans un temps imparti, il faut pointer à l’heure au départ, et arriver à l’heure pour pointer à l’heure au départ de la spéciale qui suit : les liaisons sont là pour ajouter de la fatigue, elles comportent souvent des passages techniques parfois trialisants et si on se traîne trop, les pénalités de retard au pointage suivant font mal… La journée type commence avec un premier départ à 8h pour se terminer vers 16H30-17h

Comme en Enduro GP, les interventions mécaniques sont limitées et les pilotes doivent mettre la main à la pâte : aux ISDE c’est simple, pas d’intervention des mécanos (ils peuvent passer les outils, guider l’intervention sans intervenir, pré-graisser les filtres, passer les pneus et les mousses, nettoyer la plaque et ravitailler en essence entre deux boucles mais c’est tout). Chaque pilote dispose de 15 minutes avant la mise en parc fermé le matin, même chose le soir pour effectuer les mécanique « lourde» (changement de pneu au démonte pneu, vidange, purge, changement embrayage, etc) et également au CP avant les départs en spéciale pour des interventions mineures. Bref, les pilotes sont aussi les mécanos, et ils ne chaument pas!

On peut rouler dans 3 catégories différentes en fonction de ses préférences, E1 (jusqu’à 250cc deux temps ou 4 temps), E2 (de 255 à 450cc 4 temps) ou E3 (plus de 255CC 2 temps ou plus de 455cc 4 temps). Il y a un classement par catégories comme en Enduro GP, ainsi qu’un classement individuel scratch, même si cela reste une compétition par équipes.
Voilà pour le topo, ça dure 6 jours (la même boucle 2 jours d’affilée, une autre 2 jours d’affilée, une troisième le 5ème jour, et un cross test le 6ème jour (départ en grille comme en MXGP). Les ISDE se gagnent avec un gros niveau, au physique, sans blessure, et avec une mécanique qui tient le coup …

Les nations les plus titrées sont l’Italie, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni. Les équipes favorites cette année pour le World Trophy sont principalement l’Italie tenante du titre, la France vice-championne, le Suède, le Royaume-Uni, les USA. L’Espagne qui compte le meilleur pilote d’enduro du monde depuis de nombreuse année, le multiple champion du monde Enduro GP Josep Garcia(vainqueur de la majorité des scratchs individuels aux derniers ISDE) est pénalisée par les autres pilotes de son équipe, moins forts.

Josep Garcia

La France s’aligne cette année en trophée mondial avec Zachary Pichon (le fils de notre ex-Crossman Mickaël Pichon) en E2(TM 300 4T) qui sort d’une grosse saison en mondial, Julien Roussaly en E3 (Sherco 300 2T), Léo Le Quéré en E2 (KTM 450 4T) et Léo Joyon en E1 (Triumph 250 4T), initialement fer de lance de l’équipe junior (vice-chamion du monde junior) qui monte en équipe sénior suite au forfait de Théo Espinasse. (Ci-dessous)

En trophée junior (ci-dessous) on trouve Clément Clauzier en E1 (Beta 250 2T), Thibault Giraudon en E3 (Fantic 300 2T) et Romain Dagna en E3 également (KTM 300 2T).

Enfin l’équipe féminine on retrouve toutes en E1, l’expérimentée Justine Martel (beta 250 2T), Mauricette Brisebard (Beta 200 2T) et le très jeune Charlène Boudon (Yamaha 125 2T, 17 ans, vainqueur l’année dernière du championnat de France Enduro Kid en Espoir-Cadettes féminines et qui a fait sa première saison Enduro GP cette année). Et oui, au championnat de France Enduro Kid (6 à 17 ans), ça roule déjà très, très, très fort…@raph en sait quelque chose 😉

Voilà pour la présentation de la compétition cette année, place à un court résumé de la journée, il sera plus long demain, j’aurai moins de choses à raconter 🤗

237 kms au programme aujourd’hui…

En trophée mondial les hommes forts de cette saison sont l’inarrêtable Josep Garcia, l’Italien Andréa Vérona et le Français Zach Pichon. C’est l’Italie, tenante du titre qui ouvre le bal avec Vérona. Et avec des conditions très sèches et poussiéreuses, il en profite et signe les scratchs des 3 premières spéciales ! Il ne fera pas moins bien que troisième sur les autres de la journée. Mais il n’est pas en reste car l’Italie place 3 pilotes dans le top 6. Derrière, Gracia a mis un peu de temps à mettre la machine en route. Même s’il fait 1, 1 et 2 sur les trois derniers tests de la journée, il concède 30 secondes (sur 46 minutes) à Vérona aujourd’hui. Zach Pichon est lui 4ème à 55 secondes, une journée solide et une victoire sur la dernière SP. Roussaly termine la journée 8ème , Joyon 10ème et Le Quéré 16ème.  Ce qui fait que la France est actuellement 2ème au classement, à 1min24 de l’Italie et 35 sec devant la Suède. C’est déjà quasi mort pour l’Australie après l’énorme crash dès la SP1 de leur pilote Korey McMahon(il a pu repartir dans la journée mais avec 3h de pénalités….)

En Junior, les Italiens, encore eux mènent le bal, un peu moins d’1min devant les français. Grosse frayeur avec une méchante chute pour Romain Dagna, mais il a pu repartir assez vite et sera à priori d’attaque demain. Enfin chez les filles, les USA tenantes du titre sont en tête, 3 min devant les Australiennes vice-championnes et 16 min devant nos Françaises qui comptent seulement 30 secondes d’avance sur les suédoises 4èmes. Toutes nos pilotes ont pris des pénalités de 1min ce jour (retard CH en liaison il me semble). On notera que la jeune Charlène Boudon avec sa Yamaha 125cc est la mieux classée de nos Françaises ce jour, quand je vous disais que ça roulait fort en Enduro Kid…

Les classements du jour (J1)

Classement Mondial:

Classement Junior:

Classement Féminines:

Voili Voilou, à demain pour de nouvelles aventures. D’ici là les pilotes auront manié du démonte pneu, torqué des axes de roues, changé des filtres et accessoirement se seront reposés un peu avant une nouvelle longue journée… 😨
– Looping

7 Reviews