Cal Crutchlow : « Si on m’avait dit hier que je serais à 3 secondes, j’aurais été content ».

Philippe Martinez
By Philippe Martinez 5 Min Read

C’est un sacré défi que s’est lancé le pilote britannique, revenir d’une retraite paisible pour se jeter dans la fosse aux lions.

Cal estime qu’il manque juste de condition physique car lui l’adepte du vélo n’a plus la musculature pour piloter ces MotoGP.

Il pense que cette condition physique va s’améliorer avec le temps. On ne sait pas s’il va prolonger l’aventure mais s’il le fait, il va falloir qu’il se prépare à faire une grande partie de la saison vu l’indisponibilité de Johann Zarco.

Voici son interview :

Qu’auriez-vous pensé si on vous avait dit hier que vous seriez à peine plus de trois secondes plus lent que le plus rapide ?

J’aurais été content, pas énervé (rires) . C’est une bonne chose. Écoutez-moi, c’est difficile. Je me sentais bien sur la moto, je la comprenais et j’avais de bonnes sensations, mais d’un point de vue ergonomique, je ne suis pas à l’aise et on ne peut rien y faire pour le moment. Je pilote bien, honnêtement, mais je ne suis pas en grande forme physique. À la fin de la séance, j’étais épuisé. Si je roule à mon rythme, tout va bien, mais si j’essaie d’accélérer, je n’y arrive pas.

Je suis passé du vélo à la MotoGP au Mugello , les changements de direction sont très compliqués car on les effectue à plein régime. Physiquement, je ne suis pas dans ma forme habituelle, mais ça viendra avec les kilomètres. Je ne peux pas en dire plus, si ce n’est que je suis content et que ça ne s’est pas trop mal passé. Je n’ai pas la force physique pour aller plus vite. La Honda est une bonne moto, ils ont fait d’énormes progrès. » Mais c’est la moto qui me motive. C’est difficile de donner des commentaires quand les autres sont plus rapides, mais au final, mes motos ne sont pas différentes des leurs, au final je suis seulement lent dans les changements de vitesse. Dans le reste du circuit, je me débrouille bien.

Le MotoGP a-t-il beaucoup changé depuis vos souvenirs ?

Ces motos ne sont pas très différentes de celles que j’ai pilotées lors des essais en 2022. Elles étaient déjà équipées de suspensions abaissées et d’un aérodynamisme poussé. La différence n’est pas énorme. On a l’impression que la moto est très lourde, mais elle est très performante, les données le confirment. Est-ce que j’apprécie tout cet aérodynamisme ? Non, mais c’est ainsi. Honda a fait d’énormes progrès dans ce domaine.

Vous avez piloté la Honda pour la dernière fois en 2020.

L’ADN de la moto est très similaire. La différence réside dans la géométrie, l’aérodynamisme, tous ces éléments qui lui confèrent des sensations différentes. Il est difficile de faire une comparaison ; à l’époque, il y avait peu d’ailerons, aujourd’hui c’est une toute autre histoire.

As-tu envie de piloter à nouveau plus régulièrement en MotoGP, peut-être comme pilote d’essai ?

Je ne l’ai pas fait pour cette raison, mais parce que Lucio me l’a demandé. En fait, je ne sais toujours pas pourquoi je l’ai fait (rires). Je suis là, j’essaie de faire de mon mieux, et c’est une toute autre histoire. Je ne voudrais pas que les gens pensent que je veux retourner à la compétition à plein temps (rires). Je parle de n’importe quel championnat, c’est certain. Je profite du moment présent. Piloter la moto, c’est bien, le plus difficile pour moi, ce sont les émotions. Rester calme, gérer l’adrénaline et les émotions, c’est ce qu’il y a de plus difficile en ce moment.

3 Reviews