Alors que se profile pour le turc la plus importante saison de sa carrière, il ne veut rien laisser au hasard. Il s’entraine même à la boxe !
Toprak a toujours eu une position assez spéciale sur sa moto qui ne correspond pas à la plupart des pilotes. Sylvain Guintoli disait que si Toprak n’a pas cette position spéciale, et bien il n’est pas rapide.
Pour rappel, le test avec Yamaha en 2023 ne s’était pas bien passé car rien n’avait été fait pour régler la moto à ses demandes.
Cette fois-ci, comme l’a dit le boss de Yamaha Paolo Pavesio, Toprak pourra demander 50 configurations s’il le veut. Et le premier changement interviendra surtout au niveau du guidon.
Toprak nous parle de son état d’esprit avant sa première saison de MotoGP :
Toprak, maintenant que vous le pouvez, parlez-nous de cette journée d’essais à Valence…
Ce fut une véritable journée de découverte. Après le Superbike, tout est différent pour moi. Le paddock est différent, la moto est différente… Honnêtement, tout cela m’a paru un peu étrange. Dès que je suis monté sur la moto et que la porte du garage s’est ouverte, j’ai vu tous ces gens qui m’attendaient, les caméras… Je dois avouer que j’étais un peu stressé pour cette première sortie. Même si j’avais déjà eu l’occasion de me familiariser avec la moto en Aragón, l’objectif principal était de m’y adapter.
Mon principal problème était ma position sur la moto. Le lendemain, nous avons eu une autre séance d’essais privée, où j’ai pu tester différentes positions sur le siège, ce qui m’a permis d’être plus à l’aise et d’aller plus vite. Pour revenir à cette première journée, ce n’était pas mal, mais je ne me suis pas donné à fond. Nous n’avions qu’une seule moto : si je tombais, les essais étaient terminés. La première impression est bonne, mais j’ai besoin de temps pour m’adapter.
Après le Superbike, cette moto est complètement différente. Mais c’est une bonne moto, et l’équipe est très accueillante, ce qui est important pour moi. J’apprécie beaucoup Jack aussi : c’est quelqu’un de très sympa et accessible. Dans le paddock MotoGP, je vois que les choses sont différentes de ce à quoi je suis habitué. Quoi qu’il en soit, je suis très content de travailler avec Jack. J’attends avec impatience les prochains essais en Malaisie. Nous aurons six jours, ce qui sera long, mais aussi important pour moi. J’ai besoin de m’entraîner.
Par rapport à ce que vous connaissiez en Superbike, quelles sont les plus grandes différences pour vous ?
Tout est différent : les pneus, les freins, la moto, l’accélération, le freinage… Comme je l’ai dit, ce qui me gênait le plus, c’était la position de conduite : je suis trop en avant, ce qui ne correspond pas à mon style de pilotage. Je le ressens surtout au freinage. Nous avons beaucoup discuté avec l’équipe et les ingénieurs japonais. Ils vont fabriquer de nouvelles pièces pour modifier ma position, notamment un guidon plus haut. Je devrais pouvoir tout tester en Malaisie.
Vous découvrez un nouveau type de moto, mais aussi un nouvel environnement et un format de compétition différent de ceux auxquels vous étiez habitué. Comment relevez ce défi ?
La moto, l’équipe, les courses, le paddock… Tout est nouveau pour moi. C’est un vrai défi, mais je suis prêt à apprendre. Je sais que je ne pourrai pas faire beaucoup d’essais avant le début du championnat. Il y aura six jours à Sepang, puis seulement deux à Buriram avant le premier Grand Prix. De plus, mon calendrier sera bien plus chargé avec vingt-deux Grands Prix. Sans oublier la présentation de l’équipe en janvier, suivie du lancement de Yamaha en Indonésie. Mais j’adore ce sport, alors c’est à moi de m’adapter au plus vite à ce qui m’attend.
En 2022, Yamaha lui avait déjà fait une offre pour rejoindre le championnat MotoGP. Aujourd’hui, il a 29 ans… Pourquoi a-t-il attendu si longtemps ?
L’option que j’avais à l’époque n’avait rien à voir avec le contrat que j’ai signé cette année. Je suis content de ma carrière, je suis heureux d’avoir rejoint BMW et d’y avoir également connu le succès. J’avance à mon rythme, sans précipiter les choses… Cela me convient parfaitement.
Cependant, vous aviez déclaré à l’époque que vous ne participeriez au MotoGP qu’avec une équipe d’usine…
Oui, mais Yamaha me propose aujourd’hui les mêmes conditions qu’à un pilote d’usine. L’équipe Pramac bénéficie désormais du même soutien et du même matériel que l’équipe officielle. Les conditions sont complètement différentes de celles que j’avais il y a trois ans.
Vous attendiez-vous à être plus rapide que Rins et Miller dès ce premier jour ?
Il ne s’agissait que d’une seule journée d’essais, alors ne vous fiez pas trop aux temps au tour ; ils ne sont pas très significatifs. Jack et Alex étaient là pour découvrir et appréhender la nouvelle Yamaha, désormais équipée d’un moteur V4. Pour ma part, n’ayant aucun point de comparaison avec le modèle 2025, notre approche était forcément différente.
C’était aussi la première fois que vous pilotiez une V4… Toutes les Superbikes jusque-là étaient des quatre cylindres en ligne.
On ne peut pas comparer la maniabilité d’une Superbike à celle d’une MotoGP. Je n’ai jamais piloté de MotoGP avec un moteur quatre cylindres en ligne. C’est pourquoi ce V4 est parfait pour moi ! (Rires) Je peux vous dire que, comparée à ce que j’ai connu en Superbike, cette moto est vraiment rapide.
